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L'UFC Que Choisir 43

L'UFC Que Choisir 43

Blog de l'Association UFC QUE CHOISIR DE HAUTE LOIRE

Publié par UFC QUE CHOISIR de Haute Loire

Les phtalates sont des composés chimiques dérivées de l’acide phtalique. Ils sont couramment utilisés comme plastifiants des matières plastiques, notamment du polychlorure de vinyle (PVC).

On les retrouve ainsi dans les films plastiques, emballages, revêtements de sol, rideaux de douche, profilés, tuyaux et câbles, matériaux de construction, peintures ou vernis, mais aussi dans certains dispositifs médicaux.

Avant que la réglementation n’encadre leur usage, de nombreux jouets et objets de puériculture en contenaient également.

Les phtalates sont aussi incorporés comme fixateurs dans de nombreux produits cosmétiques : vernis à ongles, laques pour cheveux, parfums…

À l’état brut, ils se présentent comme des liquides huileux transparents très peu volatils

 

Des phtalates dans le matériel médical !

Des analyses conduites par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur du matériel médical de perfusion, de dialyse et d’alimentation par sonde ont montré la présence de DEHP là où il n’y aurait pas dû y en avoir. Le DEHP est un perturbateur endocrinien, utilisé pour assouplir le plastique.

Dans un contexte de chasse aux perturbateurs endocriniens, que ce soit dans les produits cosmétiques, les produits pour bébés ou dans tout autre domaine, il est crucial que le matériel médical couramment utilisé dans les hôpitaux (poches de sang, tubulures, cathéters) soit au-dessus de tout soupçon. C’est pourquoi de nombreux fabricants se sont engagés à évincer de leurs plastiques le DEHP, un phtalate classé cancérigène, mutagène et reprotoxique. Leurs efforts sont manifestement insuffisants : des analyses commandées par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) montrent que du matériel de dialyse, d’alimentation par sonde gastrique ou de perfusion, indemnes de DEHP selon les dires de leurs fabricants, en contiennent en réalité une certaine quantité. Les 2/3 des dispositifs contrôlés étaient concernés, dont certains alléguaient même une composition « sans phtalate » ! 18 (sur 60) seulement étaient réellement dépourvus de phtalates.

Dans l’immédiat, l’ANSM n’a pas sanctionné les fabricants. Elle ne les a pas non plus contraints à signaler explicitement la présence de DEHP, comme l’exige pourtant la règlementation européenne en vigueur depuis 2010. Seuls ceux qui affichaient la mention « sans phtalate » ou « phtalate free » ont dû l’enlever. Les taux détectés étant le plus souvent minimes, il est exclu que le DEHP ait été ajouté sciemment. La discussion a donc été privilégiée, pour repérer l’origine du DEHP retrouvé. Il semble que la contamination puisse provenir du processus de fabrication, ou des matériaux livrés par les fournisseurs.

L’enjeu n’est cependant pas minime, car le DEHP, utilisé pour assouplir le PVC, n’est pas solidaire du plastique. Il peut être relargué dans les substances avec lesquelles il est mis en contact. En l’occurrence le sang, les médicaments perfusés ou les liquides de nutrition.

Bon à savoir. La règlementation européenne impose depuis 2010 de signaler par un symbole la présence de phtalates dans les dispositifs médicaux. Si le matériel est destiné aux femmes enceintes et aux enfants, l’utilisation de phtalates doit être motivée et les risques pour les patients spécifiés. En France, depuis le 1er juillet 2015, les tubulures utilisées dans les services de néonatologie, de pédiatrie et maternité ne peuvent plus contenir de DEHP.

UFC Que Choisir

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