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L'UFC Que Choisir 43

L'UFC Que Choisir 43

Blog de l'Association UFC QUE CHOISIR DE HAUTE LOIRE

L'UFC Que Choisir communique : index-copie-2.jpg

A la veille du lancement d’ »Octobre rose », vaste campagne de communication autour du dépistage organisé du cancer d u sein, l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme et interpelle les pouvoirs publics pour garantir le droit des femmes de choisir librement et de manière éclairée de se faire ou non dépister.

L’importante controverse scientifique autour de la balance bénéfices/risques (bienfaits surévalués et inconvénients sous-estimés) du dépistage a abouti à un changement de la communication dans de nombreux pays (Danemark, Suède, Canada, etc.), le Royaume Uni lançant même un réexamen des données scientifiques pouvant aboutir à la remise en cause du dépistage organisé. Avec « octobre rose », la France, elle, continue le matraquage, pour ne pas dire la propagande, autour des bienfaits du dépistage.

Cachez ces traitements que je ne saurais voir !

L’information délivrée aux femmes françaises est à sens unique : celle-ci ne mentionne quasiment systématiquement que les avantages du dépistage  qui sont aujourd’hui contestés. Le dépistage organisé détecte trop souvent des tumeurs qui n’auraient jamais évolué et conduit dans certains cas à de lourds traitements inutiles (radiothérapies, chimiothérapies, ablation, etc.).

L’injonction plutôt que l’information

Le message public tient plus à l’injonction (« faites », « parlez-en », etc.) et cherche également l’implication émotionnelle des personnes visées, parfois même sous l’angle de la culpabilisation : « parlez-en aux femmes que vous aimez ». Le dépistage doit reposer sur le libre choix, ce type d’injonction aboutit à faire croire aux femmes qu’il est obligatoire !

Médecins : la prime au dépistage

Parmi les indicateurs de performance définis par les pouvoirs publics pour l’attribution de primes aux médecins, figure le pourcentage des patientes qui effectuent une mammographie tous les deux ans. Dés lors, on peut craindre que l’information que les femmes viennent chercher auprès de leur médecin soit biaisée, puisque celui-ci est financièrement intéressé : 245 euros si 80% de ses patientes âgées de 50 à 74 ans participent au dépistage.


Sans prendre parti pour ou contre le dépistage, sujet scientifique, l’UFC-Que-Choisir, partisane d’une information pertinente pour des choix éclairés, demande au gouvernement, à l’instar des exemples étrangers :

-      De diligenter le réexamen des données scientifiques sur le dépistage du cancer du sein par un collège d’experts indépendants.

-      Dans l’attente de la publication des conclusions du collège d’experts et tout en maintenant la gratuité du dépistage, la campagne d’information actuelle doit être objectivée, pour permettre à chaque femme d’évaluer les avantages du dépistage, mais aussi les risques de sur-traitement qui pourraient en découler.

-      D’exclure l’indicateur « dépistage du cancer du sein » dans la rémunération à la performance des médecins.

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